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Réalisateur : Stanley Kwan Année : 1992 Montage : Cheung Yiu-Chung, Joseph Chiang et Cheung Kar-Fai Musiques : de Siu Chung Décors et costumes : Lai Pan Ecrit par Yau Dai An-Ping Avec : Maggie Cheung, Tony Leung Kar-Fai, Waise Lee, Shin Han, Carina Lau, Lawrence Ng, Cecilia Yip |
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Centre Stage/The Actress est un film d'auteur qui combine interprétation
du mythe Ruan Lingyu, drame et biographie filmé selon Stanley Kwan,
avec des discussions, interviews et témoignages de différents acteurs :
ceux de Centre Stage (débat d'idées entre le réalisateur et l'actrice prin-
cipale Maggie Cheung Man-Yuk,...) et ceux de l'époque (témoignages
de Lily Li, de Chen Yen-Yen ou de Shen Li, l'auteur du livre Ruan Lingyu,
Movie Star Of The Decade).
Dans cette superbe reconstitution historique (car il s'agit de recréer l' atmosphère des années 30), Kwan offre à Maggie Cheung, un des meilleurs rôles de sa carrière, un rôle très ambiguë, puisqu'il s'agit pour elle non pas de jouer Ruan mais d'être cette dernière afin de démontrer qu' elle est un semblant de continuité, mais moderne, de cette grande star du cinéma muet. |
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Dans Centre Stage, Cheung est amené à rejouer des scènes de
Ruan pour permettre à Kwan de faire une opportune comparaison
entre deux générations de stars de cinéma, ainsi, il va après une
scène de Ruan rejouée par Cheung, faire suivre, à plusieurs
reprises, la scène originale.
Cette mise en scène est très intense, par exemple, lorsque Ruan Lingyu / Maggie Cheung pleure d'épuisement après avoir tourné une scène, filmé par les caméras "fictives" du "pink director" Tsai Chu-Heng/Tony Leung Kar-Faï puis par les caméras "réelles" de Kwan. Cette façon de faire du cinéaste est poignante, Maggie Cheung n'est plus, on ne voit plus que Ruan à l'écran, nous prouvant ainsi l'immense potentiel d'actrice de Cheung (elle a d'ailleurs, obtenue l'Ours d'argent de la meilleure actrice au 42ème festival de Berlin, pour ce rôle, ndlr). Sur une musique soignée de Siu Chung (compositeur aussi des musiques de Love Among Triad, Red Rose White Rose) et un scénario de Yau Dai An-Ping, sans oublier de sompteux décors et costumes de Lai Pan, ce film est un agréable moyen de découvrir le cinéma muet des années 30, surtout qu'il y a là de grandes actrices ; Maggie Cheung, bien sur et Carina Lau / Lily Li. |
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Né en 1910, Ruan Lingyu débuta sa carrière à 16 ans, en 1927, dans
(déjà) trois films : Yang Xiao Zheng, Xue Lei Bei et False Couple/Gua
Ming De Fu Qi. Très vite, elle sera comparée à d'autres grandes stars
du cinéma muet de l'époque comme Greta Garbo, et jouera dans près
d'une trentaine d'œuvres cinématographiques avec justesse et élégance,
divers rôles de la prostituée à la fermière en passant par la mère
de famille.
Ses oeuvrs les plus notoires, d'avec Ruan Lingyu, restent Le Petit Jouet de Sun Yun (1933), La Divine/Goddess de Wu Yong-ang (1934) ou bien Femmes Nouvelles/New Woman de Cai Chuseng (1935). |
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Elle aura ainsi la réputation d'être une actrice impressionnante
ayant une faculté émotionnelle à fleur de peau, capable
de discuter, de rire avec les acteurs, cadreurs hors-
champs puis de fondre en larmes, une fois le tournage
commencé et capable de se transcander dans chacun de
ses rôles jusqu'à l'épuisement, la souffrance. On se souvient
d'un scène de Centre Stage où Maggie Cheung s'étend
sur la neige afin de ressentir la douleur d'un bébé
mortifié par le froid, pour mieux s'imprègner d'un rôle, rentrer
aussi bien dans le corps que dans l'âme d'un personnage.
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Mais une rumeur sur-médiatisée (due à son "rang" d'idole chinoise), poussera la
jeune femme à se suicider, en ingurgitant une trop forte dose de somnifères dans
la nuit du 7 au 8 mars 1935, le jour de la Fête des femmes.
Sa faculté émotionnelle à fleur de peau, précédemment citée, et la pression seront la cause de cette mort. On comprends le supplice que dû supporter Ruan, quand on voit Maggie Cheung, sortant de la demeure de son ancien amant Chang, qui aurait divulgué la rumeur, doit traverser une étroite ruelle sous le regard dédaigneux (ainsi que les paroles blessantes) des gens. Un mythe s'est éteint et en réalisant un hommage à cette grande actrice (ainsi qu'aux talentueux et engagés réalisateurs de l'époque), Stanley Kwan nous dévoile un nouveau mythe, celui de Maggie Cheung Man-Yuk, grande actrice contemporaine. |
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